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Un article sur l’affaire Dépakine

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AGENCE | ESKIMOZ

 

L’affaire Dépakine : un nouveau scandale sanitaire

A chaque époque son lot de scandales sanitaires. Après l’affaire du sang contaminé et le scandale du Mediator, l’affaire Dépakine fait la une des journaux. L’alerte avait déjà été donnée dans les années 1980, sans que rien ne soit fait ni que les médias se saisissent du sujet. Mais la publication en août 2016 d’une nouvelle étude menée par l’agence du médicament ANSM et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie jette un pavé dans la mare.

Retour sur l’affaire Dépakine.

 

LA DEPAKINE

Utilisé pour traiter l’épilepsie et les troubles bipolaires, ce médicament commercialisé par Sanofi puis par des laboratoires de médicaments génériques a été mis sur le marché en 1967 dans 130 pays.

Problème. La Dépakine est dangereuse pour les enfants exposés in utero. En cause, sa substance active, le valproate de sodium ou acide valproïque ou encore valpromide. Métabolisé dans le foie de la future mère, il atteint le placenta.

De nombreux symptômes du syndrome de l’anti-convulsivant sont détectés :

  • Des malformations physiques

L’exposition du fœtus au valproate de sodium engendre un retard de croissance intra-utérine, des dysmorphies faciales dont la microcéphalie, des hypotonies musculaires, des souffles au cœur, des malformations de l’urètre chez les garçons. Le risque de spina bifida est également multiplié par 10.

  • Des troubles neurologiques

Retard de la parole, difficultés d’élocution, troubles du langage et de la mémoire, surdité, déficit d’attention, troubles du comportement pouvant aller jusqu’à l’autisme sont identifiés.

  • Des troubles moteurs

Les enfants touchés par cette anomalie congénitale peuvent souffrir d’un retard de la marche.

Enfin, on recense également des décès pendant la grossesse ou peu après la naissance.

 

LE SCANDALE SANITAIRE

Dans cette affaire Dépakine, l’incompréhension est provoquée par le mutisme des professionnels de santé. En effet, des premières études menées dans les années 1980 avaient déjà fait état du lien entre la molécule et certaines malformations congénitales. Dix ans plus tard, dans les années 1990, de nouvelles études avaient établi un lien entre le traitement à la Dépakine et les troubles autistiques décelés chez les enfants nés de mères épileptiques. On aurait donc connaissance des risques depuis plus de 30 ans sans que rien n’ait changé dans les prescriptions.

C’est à partir de 2006 seulement que la prescription de valproate de sodium pendant la grossesse est déconseillée.

Puis Marine Martin, traitée à la Dépakine depuis son enfance et mère de deux enfants gravement atteints donne l’alerte. En 2009, dix ans après la naissance de son premier enfant, elle fait le lien entre les handicaps dont souffrent sa fille et son fils et le médicament.

Ce n’est qu’à partir de 2015 que l’on fait signer aux mères enceintes souffrant d’épilepsie un consentement éclairé sur la prise de Dépakine.

En août 2016, la presse révèle les résultats d’une étude jusque-là cachée au grand public. Entre 2007 et 2014, plus de 14 000 femmes enceintes auraient pris de la Dépakine pendant leur grossesse, ce qui représente 3 200 enfants touchés. Et en 50 ans, on estime entre 50 000 et 70 000 le nombre de victimes de l’affaire Dépakine.

 

LES DERNIERES NOUVELLES

Suite aux révélations de la presse, le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales sur la Dépakine a été présenté fin août 2016 aux familles. Après avoir reçu l’association d’Aide aux Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’Anti-Convulsivant (APESAC), le ministre de la Santé, Marisol Touraine, a reconnu la responsabilité de l’Etat et annoncé, le 24 août, la création d’un fond d’indemnisation pour les victimes de l’affaire Dépakine. Celui-ci sera voté au Parlement d’ici la fin de l’année. Le ministre a affirmé vouloir se tourner vers les responsables et assuré que les victimes seraient indemnisées « sans chipoter ».

 

 

 

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